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Premier essai routier : Infiniti QX50 2019

Le segment des VUS compacts est en pleine effervescence. On peut le comparer à une vague sur laquelle tous les constructeurs veulent surfer. Dans le créneau des VUS compacts de luxe, c’est la guerre des titans; qui offrira plus de raffinements, technologies et gadgets pour le meilleur prix.

En plus de ça, il y a la multiplication des technologies motrices innovantes. Les segments haut de gamme servent souvent de bancs d’essai pour celles-ci, qui sont parfois coûteuses à développer.

C’est le moins que l’on puisse dire : pour rester à flots dans cette guerre, il faut innover à tout prix.

Nous avons eu le privilège de faire l’essai du QX50 d’Infiniti à Los Angeles. Voici, en quelques lignes, nos impressions sur ce modèle tout récemment redessiné.

Techniquement évolué et esthétiquement réussi, à l’intérieur comme à l’extérieur

À première vue, le QX50 2019 est vêtu pour rivaliser dans son segment, avec une toute nouvelle allure franchement charmante.  En plus, les concepteurs lui ont confié des technologies d’assistance à la conduite avancées et ont réaménagé considérablement son l’habitacle.

Mais ce qui nous a réellement motivés à accepter l’invitation, c’est le fait qu’Infiniti a conçu une solution toute spéciale sur le plan de la motorisation; il s’agit du tout premier moteur à compression variable dans un véhicule de production. Le principe de varier le taux de compression dans un moteur existe depuis des lunes, mais uniquement sur des moteurs stationnaires au fin fond des laboratoires…

Or, intégrer le principe dans un véhicule de production accessible (ou presque) à monsieur et madame tout le monde constitue une prouesse audacieuse en soi, surtout considérant que les grandes avancées mécaniques sur les moteurs strictement à combustion sont moins courantes, les constructeurs privilégiant plutôt les motorisations hybrides ou encore les itérations logicielles.

Cette prouesse, c’est un moteur quatre cylindres de 2,0 litres turbocompressé baptisé Variable Compression Turbo (VC-T). Sur les autres moteurs, même si le piston bouge dans la chambre de combustion, sa course demeure toujours la même dans un moteur à combustion traditionnel. Pour le VC-T, on a ajouté un système qui permet d’ajuster cette course sur une plage de six millimètres.

Ceci permet d’obtenir un taux de compression allant jusqu’à 14 pour 1 sur l’autoroute pour favoriser l’efficience, et, sur demande, un taux de compression aussi bas que 8 pour 1, favorisant la performance optimale et la pression maximale du turbocompresseur.

Une conduite sujette à amélioration

Une fois bien installé dans le siège conducteur du QX50 2019, on comprend pourquoi Infiniti clame que son habitacle est le meilleur que le constructeur ait conçu de son histoire. Les sièges Zero Gravité sont matelassés et offrent un confort supérieur, les places arrière sont amples et la finition du tableau de bord est complexe, mais splendide. On a gréé le QX50 du système ProPILOT Assist, qui ajuste la direction, freine et garde le QX50 au centre de sa voie de manière quasi autonome, si son conducteur le désire.

Là où le QX50 a perdu des points, c’est sur le plan du comportement routier. Un aspect parmi tant d’autres, mais que l’on ne peut forcément pas négliger. L’adaptation du principe de compression variable semble réussie; les transitions sont fluides entre les taux de compression, et les performances sont au rendez-vous avec 267 chevaux et 288 lb-pi de couple. Le hic, c’est que la livraison de cette puissance se fait de manière incohérente. La réponse à l’accélérateur est retardée par la boite automatique à variation continue (la seule boite disponible), qui offre une performance élastique et quelque peu désagréable en condition de ville.

Le second vice, c’est la direction. Celle-ci est réactive, mais pas précise. Ce qui se traduit en virages flous et une conduite en ligne droite à basse vitesse légèrement erratique. Une fois sur l’autoroute à haute vitesse, par contre, ce petit défaut semble se résorber.

La conception plus rigide du QX50 2019 par rapport à son prédécesseur lui permet tout de même d’encaisser les virages et avec un minimum de roulis. La suspension fait également un travail exemplaire, sur les routes californiennes du moins. Rappelons que tous les QX50 2019 Canadiens seront livrés d’office avec la traction intégrale.

Sur le plan de la consommation, le tour de force mécanique semble également porter fruit. La capacité de varier le taux de compression, combiné à la CVT, qui avantage l’efficience, nous a permis d’observer une consommation de 8,5 litres aux 100 kilomètres en conduite mixte. Même si le test de quelques heures n’est pas tout à fait scientifique, le résultat impressionne.

Conclusion

On se doit de féliciter les avancées technologiques audacieuses d’Infiniti apportées au QX50 2019. Or, il faut se demander si les acheteurs dans ce segment spécifique priorisent l’efficience au détriment de l’agrément de conduite. Et si ce n’est pas le cas, les acheteurs sont-ils plus intéressés par les technologies hybrides plutôt que les motorisations à combustion avancées?

Il faudra donner un peu de temps au QX50 pour mesurer la réaction du marché. Il sera en concession vers la fin du printemps 2018.

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