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Bentley Flying Spur 2014 : l’expression des sens

Les sens sont ce qui nous font apprécier notre existence dans sa plus simple expression. On sent, on touche, on regarde, on écoute, on goute. Lorsque l’on prend le volant de la Bentley Flying Spur 2014, on vit une extrapolation des quatre premiers et avec le dernier, on déguste le plaisir de la vie des gens riches et célèbres.

Bentley Flying Spur 2014

Bentley Flying Spur 2014

Les sens sont ce qui nous font apprécier notre existence dans sa plus simple expression. On sent, on touche, on regarde, on écoute, on goute. Lorsque l’on prend le volant de la Bentley Flying Spur 2014, on vit une extrapolation des quatre premiers et avec le dernier, on déguste le plaisir de la vie des …

Evaluation Sommaire

Performances - 90%
Agrément de conduite - 75%
Confort - 90%
Sécurité - 95%
Espace Intérieur - 85%
Prestige - 95%
Circuit - 70%

86%

Note Globale

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86

La Flying Spur est toute nouvelle pour 2014 et profite de l’occasion pour s’émanciper de la Continental et perdant le préfixe. La grande dame devient une gamme à part entière au sein de la prestigieuse famille Bentley.

Naturellement, il ne faut pas regarder très loin pour constater que les deux produits sont encore intimement liés par leurs composantes et d’une certaine façon par leur style.

Bien que l’on semble ne voir qu’une simple évolution, la voiture ne partage plus un seul panneau avec l’ancienne génération (2006-2013). On découvre un bouclier aminci, mais toujours massif dans la tradition de Bentley. On récupère les quatre blocs optiques bien ronds. Ceux-ci sont d’ailleurs de véritables pièces de joailleries par leur complexité et les exceptionnels détails qui les meublent. Le pare-chocs pèche toutefois par son anonymat uniquement décoré par une bande de chrome transversale.

La silhouette s’étire avec la ceinture de caisse plus haute et un pavillon légèrement plus bas. Assis derrière, on ne subit plus l’impression d’être dans une berline de fonction statuaire s’exposant aux bedeaux.

La poupe s’inspire du même esprit que la GT avec des feux amincit. L’œil se régale par la finesse des lignes générales de l’Anglaise. Les rappels ovoïdaux sont constants tant au niveau de l’éclairage que des échappements. On s’explique bien que les détails sont le facteur principal du fait extraordinaire de cette voiture.

Nous en avons déjà plein la vue avec le style, à l’ouverture de la portière, les larmes montent devant l’incroyable opulence de la cabine. La finition est fabuleuse. Là encore, notre regard cherche en vain un point de repos qui ne causera pas l’émerveillement. L’odorat s’éveille au parfum unique des cuirs. Afin de ne pas altérer la douceur des peaux, on procède à l’élevage privé des quelque 14 bêtes nécessaires à la conception d’une seule Spur dans les Highlands d’Écosse. Il s’agit d’un endroit de prédilection où les insectes piqueurs sont en faible quantité. De ce fait, ils ne pourront pas endommager les cuirs qui seront ultérieurement coupés au laser et cousus à la main par les artisans. Ces derniers prendront d’ailleurs 3 semaines uniquement pour la confection de l’habillage de l’habitacle.

À cela s’ajoute la perfection du traitement des boiseries et des pièces métalliques qui meublent les surfaces restantes. Tout ce que l’on caresse dans une Bentley est véritable. À ce prix, pas question d’imitation.

Évidemment, à presque 5,3 mètres, la belle Anglaise offre un espace intérieur invitant pour les promenades officielles avec chauffeur. Que l’on soit conducteur ou conduit, la suprématie des fauteuils est digne du trône de Buckingham Palace. On se laisse envelopper dans ces cocons de réconfort. Afin de maximiser l’expérience, on profite d’une pléthore d’ajustements pour tous les occupants. À l’arrière, on s’incline pour le repos ou on effleure la table rétractable pour récupérer les heures travail normalement perdu sur la route. Ceux qui préfèreront la prise des commandes, ce qui serait une décision tout à fait légitime, jouiront d’une planche de bord inspirante où les accessoires n’ont de limites que la volonté et la profondeur de la bourse. Malheureusement, l’ergonomie paie le prix de l’esthétique. Plusieurs touches ne donnent qu’un accès restreint ou difficile. La navigation par GPS n’est pas intuitive et l’on doit constamment se questionner quant à l’emplacement de simples boutons. S’ajoute la visibilité offerte par la nacelle d’instrumentation qui est pénible en raison de la petitesse des cadrans et de l’imposant boudin du volant.

L’ouïe. On se ferme les yeux, le silence règne à bord comme dans un monastère. L’insonorisation nous isole du monde extérieur. Vient le moment d’appuyer sur le bouton poussoir qui donnera vie au monstre civilisé qui dort sous le long capot. Devant son incroyable souplesse, on doit abaisser la fenestration pour entendre le grondement des 12 cylindres qui s’éveillent. Toujours délicat, le ronronnement est doux, on sait malgré tout que la première provocation de l’accélérateur nous fera frissonner.

Mission accomplie, la bête s’excite  avec une vive prise de vitesse linéaire et imperturbable. La vélocité des 616 lipizzans au sang bleu est sans égal. L’on doit garder en tête qu’il s’agit de l’une des berlines parmi les plus puissantes au monde tout juste derrière la Mercedes-Benz S65 AMG à 621 chevaux. Le couple de 590 lb-pi propulse avec célérité les quelque 2 475 kg de la limousine. Pour contrôler la violence de la cavalerie, on fait appel à une traction intégrale avec une répartition générale de 40/60 et une boite automatisée de conception ZF à huit rapports.

Le ton est donné. On peut au loisir vivre sans lendemain avec la témérité d’un voleur de banque ou encore profiter de la quiétude de la douceur de son comportement. Sur la route, elle brille sur un tarmac délicat, mais dès la dégradation du pavé, les suspensions montrent leur rigidité qui étonne par l’inconfort qu’elles apportent. Il s’agit certainement d’un fait surprenant considérant la vocation première de la Spur. La direction s’efface avec peu de sensation et une importante lourdeur à basse vitesse. Heureusement, une belle légèreté nait à mesure que l’on voit s’accélérer le paysage. Touchant le freinage, aussi bien dire un arrêt de la cour. Leur puissance est phénoménale, et ce malgré le poids.

Conclusion

La Bentley Flying Spur est une incarnation moderne du traditionalisme britannique. On jouit des avancées d’ingénierie offertes par le Groupe Volkswagen et sa division Audi. Malgré ce fait, la Spur demeure sous équipée considérant le prix de 242 000 $. On retrouve certainement le confort, le prestige et l’artisanat d’exception, mais devoir choisir entre elle et une Mercedes-Benz de Classe S, je prendrais l’Allemande. La raison est bien simple. Le sommet technologique de la Teutonne est insurpassé tout comme son niveau de luxe qui fait rougir de honte la première classe d’un Airbus A380. Il est sans conteste que le « Flying B » apporte toutefois un sentiment qui n’est pas monnayable. À cela, j’ajoute que chaque fois que l’on prend place à bord, tous nos sens sont mis à contribution et s’éveillent pour nous faire vivre une expérience sensorielle aussi unique qu’inoubliable.

Spécifications Bentley Flying Spur 2014

Pris de base : 247 000 $

Moteur : W12 6.0 litres biturbo

Puissance : 616 chevaux à 6 000 tr/min

Couple : 590 lb-pi à 2 000 tr/min

0-100 km/h : 4,6 secondes

Coffre : 475 litres

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