Home / Essais Routiers / Essai sur piste, Lexus RC-F et les F-sport 2015

Essai sur piste, Lexus RC-F et les F-sport 2015

Il n’y a pas de doute, Lexus savait comment me séduire. On ne me promit rien de moins que l’alignement presque complet de la gamme F-Sport et surtout la nouvelle RC-F 2015. Non seulement c’était un engagement, mais c’était sur le circuit ICAR.

Lexus RC-F 2015 sur le circuit ICAR

Lexus RC-F 2015 sur le circuit ICAR

Ici, que des produits qui portent la lettre F à ma disposition. F comme Formidable selon la plus récente la publicité de Lexus. Toutefois, moi je sais qu’au-delà de ce mot, F signifie performance à cette adresse.

À l’exception du coupé RC-F, la majorité des automobiles sur place jouissent surtout du groupe d’apparat F-Sport. À la fin de la ligne se pointent trois voitures de couleurs à peine subtiles, rouge, bleu et orange, c’est elles qui m’allument, les vrais F avec leur gros V8.

Je me fais une stratégie d’action. J’estime que les GS et IS présentent seront les moins sportives sur la piste, je commence mon périple avec elles. Je garde en tête que le but de cet avant-midi est de découvrir les talents de ces berlines et coupés qui arborent le F sur leur carrosserie. Aussi bien y aller en montant dans le dynamisme. Je veux un crescendo de puissance.

Première étape, la Lexus GS350 F-Sport 2015

Étant la plus lourde du lot et la moins puissante en fonction de son poids, je débute avec l’intermédiaire GS350. Je dois quand même me réchauffer un peu. Je cède ma pole position au départ à mon collègue Carl Nadeau. Considérant son talent de pilote, c’est une bonne idée de le laisser passer. Malgré cette abdication, j’ai un but. Je veux le talonner alors que lui prend place dans un Coupé RC350 F-Sport. J’ai été ambitieux, il disparait dans le premier arc et j’essaie en vain de le rattraper. Prétendre suivre Carl Nadeau dans une GS350, c’était tropt. J’aime bien la GS pour ce qu’elle est, mais elle apprécie un peu moins sa position et le traitement que je lui fais. Son comportement n’est pas ce qui la met en lumière. Le survirage et les mouvements de caisse sont trop permissifs, elle valse à chaque courbe. Conscient que ce n’est pas là que je vais connaître mon nirvana, je retourne dans les puis pour la prochaine étape.

Deuxième étape, la Lexus IS350 F-Sport 2015

Plus compacte, avec le même moteur, mes espoirs prennent forme. Je ne m’attends pas au rendement d’une Série 3 de BMW, mais je la considère malgré tout comme une berline au tempérament sportif. Sans dire que c’est décevant, ses pneumatiques ne sont pas capables de suivre le rythme que je veux lui imposer. Sur les voies publiques, on me traiterait de maniaque, mais sur piste, je passe à peine le test du grand-père. L’IS reste en territoire Lexus où le dynamisme est plus retrait que la recherche du confort. L’apparence sportive de l’IS est trompeuse, du moins, à la cadence et à la vitesse que je prends les courbes à ICAR. On sent bien sa volonté et la rigidité du châssis. Elle se montre ferme, mais ICAR est trop pour elle.

Troisième et quatrième étapes, les Lexus RC350 et RC350 AWD F-Sport 2015

Fini les berlines, je suis mûr pour les coupés. Fidèle à ma gradation, j’opte pour le RC350 à propulsion. Je fais comme d’habitude, bye-bye tous les filets de sécurité.

Ayant déjà conduit le RC je me rappelais que c’est un véhicule lourd. Ce fait se confirme sur la piste. Pourtant, il n’est pas en reste avec son V6 de 3.5 litres de 307 chevaux.

Le problème du RC est que les Allemandes existent et qu’elles sont en tout point plus pointues. Le RC n’est pas un enfant de chœur, mais je compare des pommes avec des pommes! C’est plus performant que la grosse majorité des véhicules dans le parc automobile, mais ça demeure plus doux, plus en souplesse. Le volant pointe bien l’on sait que l’assistance est toujours présente même si je suis en mode Sport + qui dynamise le tout. Ma conduite agressive met les suspensions à rude épreuve. Je force des mouvements en virage, je plonge le nez au sol avant de viser l’apex. Les pneus ont l’envie fréquente de crier. Les freins faiblissent aux mauvais traitements, ils ne m’encouragent pas à pousser plus.

Lexus propose la possibilité de passer les rapports manuellement avec des palettes à la direction. On découvre les délais d’intervention. Je désire de la rapidité quand je change de liens, je ne veux pas que l’auto retienne mes élans sous prétexte que l’électronique s’en mêle. C’est pourtant une contrainte que j’ai connue.

Je vais à l’autre RC350, l’AWD. Je sens moins la puissance en accélération en raison de l’ajout du poids de l’intégral. Par contre, je ressens plus de mordant. La vélocité se montre linéaire. Là encore, je constate le dynamisme.

Cinquième étape, le Lexus RC-F 2015

Là, ce n’est plus de la « frime », c’est la vraie affaire. De la sportivité comme je l’attends depuis mon arrivée. Le RC-F marque le retour de Lexus avec sa gamme de produits de performance. On propose pour la première fois avec un coupé qui vise les Audi RS5, BMW M4 et Mercedes-Benz C63 AMG. J’opte pour le modèle orangé Éclat solaire avec ses jantes de 19 pouces et le groupe de fibre de carbone.

Dès la mise de contact, le courant passe. Je donne vie au gros V8 de 5.0 litres de 467 chevaux avec un couple de 389 lb-pi aux uniques roues arrière. Je sens l’odeur du nirvana.

Quant à vivre l’expérience aussi bien y aller avec le maximum de ses capacités. Sport + et le mode Piste sont en fonction. Oubliez les assistances électroniques.

À la première pression sur le pédalier inévitablement un frisson me passe dans le dos. Le bruit est sourd et guttural. Les vibrations du moteur m’enivrent. Il n’y a pas de doute, l’accélération est féroce. Sans le savoir, je suis en train de fusionner dans le fond de mon siège, je ne suis pas déçu.

Avec toute cette brutalité, je dois jouer avec délicatesse, car l’arrière est heureux et ce coupé RC-F ne pardonne pas beaucoup d’erreurs. Je passe à des vitesses supérieures beaucoup plus rapidement et j’attaque les virages avec plus de violence que tous les autres produits précédents. C’est vraiment le véhicule le plus mature pour la piste de l’alignement. On sent bien que les ingénieurs ont travaillé fort et qu’ils avaient encore en tête une certaine LFA pour nous assurer d’un comportement à la hauteur de ses prétentions.

Bien que l’essai fut le temps d’un moment, je constate que le RC-F ne doit pas nécessairement être perçu comme étant un au niveau des Allemandes qui jouissent de décennies de perfectionnement tant sur la route que sur les circuits. Je vois le RC-F à la mode des Muscle Car américains avec toute la violence que l’on connaît de ce type de bolide. C’est brutal, impardonnable et vraiment excitant à conduire.

Conclusion

Lexus désire plus que tout changer son image de marque sérieuse et rigide qui ne favorise que le confort et la fiabilité. Le RC-F est le premier jalon dans une nouvelle direction qui nous apporte enfin de la sportivité. Contrairement à l’IS-F, on sait que la suite est proche. Dévoilé à New York, le prochain opus sera la GS-F qui viendra tenter de brouiller les cartes de la suprématie allemandes dans le domaine des intermédiaires de haute performance. Le défi est de taille, car on vise maintenant les meilleures berlines du monde soit les Audi RS7, BMW M5 et Mercedes-Benz E63 AMG et même de l’Amérique avec la démentielle Cadillac CTS-V.

Images La gamme Lexus F-Sport et le Coupé RC-F 2015

Haut