Home / Essais Routiers / Essai routier Maserati Ghibli S Q4 2016 : amour-haine

Essai routier Maserati Ghibli S Q4 2016 : amour-haine

La relation entre la Maserati Ghibli S Q4 2016 et son conducteur est un peu comme celle d’un couple marié depuis plusieurs années.

Essai routier Maserati Ghibli S Q4 (12)

La relation entre la Maserati Ghibli S Q4 2016 et son conducteur est un peu comme celle d’un couple marié depuis plusieurs années. La passion des débuts s’effrite lentement au fil du temps, remplacée par l’amour stable et la satisfaction, parsemée de quelques détails qui nous font sortir de nos gonds et remettre en question …

Evaluation Sommaire

Performances - 90%
Confort - 90%
Agrément de conduite - 85%
Espace intérieur - 70%
Prestige - 95%

86%

Notes globales

Votre évaluation: Soyez la première à évaluer ce véhicule!
86

La passion des débuts s’effrite lentement au fil du temps, remplacée par l’amour stable et la satisfaction, parsemée de quelques détails qui nous font sortir de nos gonds et remettre en question l’ensemble de la relation. Parfois, ces détails deviennent inacceptables, et c’est la rupture. D’autres fois, l’on apprend à vivre avec les imperfections de l’autre, tout en se permettant bien sûr de se vider le cœur avec des amis autour d’un verre.

Donc, vous qui considérez l’achat d’une Maserati Ghibli, vous devrez décider si l’ensemble de l’œuvre rattrape les petits, mais tout de même considérables irritants de cette berline italienne au corps sculpté.

Car la Ghibli 2016 est loin d’être parfaite. Même que, de toutes les voitures qui lui font compétition, c’est peut-être celle qui a les défauts les plus flagrants. En contrepartie, aucune autre voiture intermédiaire de luxe ne lui ressemble, et le sentiment que l’on éprouve à son volant est unique. Dans un monde où les BMW Série 5, Audi A6 et Mercedes-Benz Classe E se fondent dans le paysage, la Ghibli se fait entendre et remarquer, et ne laisse personne indifférent.

« Hé man, y’a une Gébli la-bas check »

Il est rare que deux jeunes adolescents pointent du doigt une berline à quatre portes à 200 mètres d’eux dans un stationnement. Mais effectivement, lors d’un court séjour d’une fin de semaine dans un hôtel de la région des Laurentides où le valet avait pris soin de garer la Maserati à la vue de tous, j’ai pu constater à quel point cette voiture se fait remarquer. Et pas seulement par deux ados ayant oublié de retirer l’autocollant sous la palette plate de leurs casquettes pratiquement identiques.

Essai routier Maserati Ghibli S Q4 (3)

L’effet de rareté explique en partie cette réalité, tout comme les racines italiennes de la voiture. Partout où la voiture passe, elle attire les regards. Jamais oh grand jamais vous ne vous approcherez de ce genre de réaction au volant d’une berline intermédiaire de luxe allemande. Donc, si vous préférez passer inaperçue, oubliez la Ghibli dès maintenant.

Ceux et celles qui n’ont pas vu la Maserati l’entendront certainement. Notre modèle d’essai, la version S Q4, est propulsée par un moteur V6 biturbo de 3,0 litres développant 404 chevaux et 406 lb-pi de couple. Élaboré par Ferrari, ce moteur offre une poussée réellement impressionnante et ne semble jamais s’essouffler. Le 0-100 km/h est une affaire de 4,8 secondes, mais peu importe la vitesse à laquelle vous roulez, vous atteindrez celle que vous désirez rapidement et de manière linéaire et contrôlée.

Les performances se modulent donc bien et font de la Ghibli une voiture qui se maitrise facilement en conduite quotidienne, malgré toute la cavalerie qui se trouve sous le capot plongeant de la bête.

Mais ce qui impressionne le plus, c’est la sonorité du moteur. Étant passionné par ce genre de chose, je porte une attention particulière à la sonorité des moteurs des voitures sportives que j’ai la chance d’évaluer.

Essai routier Maserati Ghibli S Q4 (41)

L’Alfa Romeo 4C m’avait séduit avec le son de son échappement, mais je sais qu’il est artificiel. J’adore le bruit émanant des véhicules AMG de Mercedes-Benz, mais parfois c’est un peu trop intense. Même constat pour le son infernal (dans le bon sens du terme) de la Jaguar F-Type. Ce sont les sonorités authentiques et mécaniques qui me font frissonner réellement, comme celle d’une Porsche 911 ou encore de la Maserati Ghibli.

Le son est celui d’une vraie sportive italienne. Il n’a rien à prouver à personne. Au démarrage, pas d’explosions ou de grondement exagéré. En accélération cependant, on ne peut s’empêcher de penser à la F1. C’est impressionnant.

Sur la route, la voiture, malgré sa taille imposante, est agile et vive. La direction a une sensation de légèreté que l’on remarque dès que l’on tourne les roues pour la première fois, mais le volant semble s’alourdir lorsque la vitesse augmente. C’est peut-être uniquement une impression, mais le fait demeure que la tenue de route de la Ghibli est à la hauteur de son héritage italien.

Un mode Sport permet d’obtenir plus de vivacité de la part du moteur tandis que le mode Manual est un véritable mode manuel. Si vous ne touchez pas aux palettes en pleine accélération, le moteur coupe à la ligne rouge.

En termes de consommation de carburant, notre Ghibli d’essai, quand on ne poussait pas trop la machine, affichait une consommation moyenne de 11,2 litres aux 100 kilomètres après une balade d’une centaine de kilomètres sur l’autoroute. Ce n’est pas une voiture écologique, l’on s’entend, mais sa boîte de vitesse automatique à huit rapports et une nouvelle fonction arrêt/départ aident à rendre la consommation raisonnable compte tenu des performances possibles.

Confort d’une voiture d’exception, habitacle d’une voiture abordable

Mis à part le son et la puissance du moteur ainsi que la tenue de route, la Maserati Ghibli se démarque également avec ses sièges ultra-rembourrés et particulièrement confortables. Ils sont enveloppants sans être restrictifs, vous gardant parfaitement en place que vous soyez sur une route sinueuse à vive allure ou sur l’autoroute.

Essai routier Maserati Ghibli S Q4 (28)

Malgré le fait qu’il soit très beau, l’habitacle manque un peu de finition et s’avère un peu simpliste. Le système d’infodivertissement est très simple à naviguer, surtout si vous avez eu un autre produit plus accessible du groupe FCA puisqu’il s’agit du système UConnect que j’avais quelques semaines auparavant dans un Jeep Grand Cherokee.

Ce n’est pas nécessairement un problème puisque, encore une fois, le dispositif est ergonomique, mais pour l’exclusivité on repassera. La majorité des diverses commandes proviennent également du panier de pièces de Fiat-Chrysler.

Le plus gros défaut de la Maserati Ghibli se trouve plutôt au niveau de l’espace arrière. La banquette souffre d’un coffre vaste et très profond puisque l’espace pour les jambes à l’arrière est compté, tout comme celui pour la tête. Au moins, personne n’aura de difficulté avec les bagages, la Ghibli offrant plus d’espace de chargement que la majorité de ses rivales avec ses 500 litres. C’est plus que certains VUS compacts.

Conclusion

J’avais très hâte d’essayer la Maserati Ghibli S Q4 2016. Après une semaine à son volant, je peux dire que la voiture ne m’a pas emballé. Elle est visuellement spectaculaire, et en termes de performances elle n’a rien à n’envier à aucune autre voiture. Sauf qu’elle n’est pas donnée non plus avec son prix de départ de 92 950 $ (pour la S Q4). Notre modèle d’essai affichait un prix final de 101 130 $. L’exclusivité est assurée, tout comme la passion, mais cela ne signifie pas que votre relation pourra durer. Disons qu’il faudra faire des efforts.

Images Maserati Ghibli 2016

Haut