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Cadillac CT6 Hybride rechargeable 2017 : Conscience écologique luxueuse

Jusqu’à sa retraite, mon père a exercé le métier de représentant de commerce. À l’époque des « Baby-Boomers », être représentant consistait – en plus du boulot de neuf à cinq – à impressionner les clients, en les trimballant en voiture de luxe jusque dans un grand restaurant, engloutir quelques martinis autour d’une proposition. Toujours dans la même époque, le luxe et le succès étaient représentés par la grosse Cadillac, ce mastodonte garni de chrome à l’extérieur et rempli de boiseries et de gadgets à l’intérieur. Plus il y en avait, plus les passagers étaient impressionnés.

Cadillac CT6 Hybrid 2017

Aujourd’hui, le rythme de vie est beaucoup plus effréné. La compétition vient des quatre coins du globe, pour toutes les industries. Même si le volet « impressionner » demeure, les accessoires ont changé; les voitures européennes ont envahi le marché des berlines de luxe, et les « shakes au kale » ont remplacé les martinis. On ne parlera même pas du prix de l’essence…

Un segment exclusif

Depuis, les segments qui portent le mot « luxe » se sont multipliés et ceux qui s’aventurent dans le segment des grandes berlines de luxe hybrides rechargeables recherchent un produit bien précis. Un produit qui offre performances (en tout temps), autonomie, confort, style et raffinement, le tout dans un ensemble qui consomme peu à la pompe. On y retrouve notamment la BMW 740e xDrive iPerformance, la Mercedes S550e et la Porsche Panamera 4 E-Hybrid.

Cadillac CT6 Hybrid 2017

La Cadillac CT6 hybride rechargeable 2017 – qui est le sujet de cet essai – veut s’y tailler une place, en offrant un ensemble moins dispendieux que ses rivales, et avec un équipement de série plus abondant. Rappelons que Cadillac fait des pieds et des mains pour qu’on oublie l’image de la Cadillac de mon père bedonnant, mais qu’on se souvienne pourquoi il l’a achetée.

La plateforme de la CT6 est dite légère et polyvalente. Pour la version hybride rechargeable, on l’a équipée de 400 livres de batteries, de deux moteurs électriques – qui travaillent de pair avec le quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres – et de divers systèmes électroniques qui gèrent ce système de propulsion. Avec un chargeur (240 volts) vendu séparément, la batterie atteint sa charge complète en

4,5 heures. Si l’on utilise une prise régulière (110 Volts), on parle plutôt de 10 à 12 heures pour une charge complète.

En ce qui concerne l’autonomie, la CT6 hybride rechargeable peut parcourir environs 48 kilomètres en mode 100% électrique. Pour calmer les préoccupations des grands anxieux, la CT6 hybride rechargeable peut parcourir 643 kilomètres sans devoir consulter un pompiste.

Pour le reste, la CT6 hybride rechargeable n’est pas très différente de ses sœurs de la gamme CT6. Mis à part le fait qu’elle soit livrée en une seule déclinaison, qui vient de série avec le groupe information au conducteur et commodité, le groupe d’aide à la conduite avec le système de vision nocturne Night Vision amélioré, l’écran de la caméra arrière dans le rétroviseur, le système d’infodivertissement aux sièges arrière, l’ensemble confort et le toit ouvrant panoramique.

Une transmission qui gère trois éléments

Sur le plan du groupe motopropulseur, la puissance de sortie totale produite par le moteur à essence et les moteurs électriques se situe à 335 chevaux. Les trois moteurs canalisent la cavalerie vers une transmission intelligente qui gère celle-ci selon la demande en matière de performance, pour finalement l’envoyer aux roues arrière  – la CT6 étant livrable en rouage à propulsion exclusivement.

Cadillac CT6 Hybrid 2017

En accélérant, on compte sur un impressionnant couple de 432 lb-pi, livrable très tôt sur la plage de puissance. La poussée est surprenante. À basse vitesse, il est possible d’exploiter exclusivement la puissance émise par les moteurs électriques, mais enfoncez l’accélérateur suffisamment et le moteur à essence s’amène en renfort. Une légère hésitation s’est fait ressentir à ce point précis lors de l’essai, mais une fois ce petit accroc passé, la CT6 hybride rechargeable démontre beaucoup de cœur au ventre.

Même si suspension magnétique est absente, la CT6 hybride rechargeable fait un bon travail au niveau de l’amortissement. C’est une tenue de route très « Cadillac », le désir d’entreprendre les cols des Alpes avec conviction ne vous viendra pas à l’esprit, mais le mode Sport fournit un soupçon d’agrément, avec une direction plus directe et une réponse plus prompte à l’accélérateur.

Le conducteur peut choisir entre trois modes : Tour, Sport et Hold. Ce dernier mode sert à conserver la charge de la batterie pour que le conducteur l’utilise comme bon lui semble – en ville, par exemple, où la conduite 100% électrique prend tout son sens. Hélas, avec ce mode, la CT6 hybride rechargeable perd beaucoup de puissance, le dynamisme en est donc grandement affecté.

Dans l’habitacle, la tranquillité et le confort sont exemplaires. Par contre, en termes d’esthétique, c’est une opulence de matériaux mal agencés. S’apparentant à la Cadillac du « Baby Boomer », cet habitacle ne partage pas les lignes épurées et sophistiquées de ceux de ses rivaux européens.

Cadillac CT6 Hybrid 2017

Nous nous consolons avec la technologie embarquée dans le système d’infodivertissement, qui est offerte à profusion. En plus d’avoir toutes les applications habituelles, le système fournit au conducteur une panoplie d’information sur son trajet et la répartition de l’énergie qu’il a utilisée tout au long de celui-ci. C’est si intuitif, même mon père pourrait l’utiliser à son plein potentiel!

Conclusion

Avec un prix de départ de 85,995 $ avant les incitatifs provinciaux, la Cadillac CT6 est mieux équipée et moins dispendieuse que les rivales de son segment. Mais avec des objectifs de ventes annuelles de 600 véhicules en Amérique du Nord et de 2000 véhicules en Chine, on constate que ce modèle aura plus de succès du côté de ce pays asiatique. Le fait qu’il n’y ait aucune commercialisation de prévue en Europe, et que la voiture soit assemblée dans une usine Cadillac au nord de Shanghai en dit long sur la vocation du modèle.

Avec le succès sans précédent des constructeurs américains du côté chinois, on peut comprendre la stratégie, qui est en partie influencée par le fait que les jeunes Chinois ont possiblement des goûts similaires à ceux des « baby-boomers ».

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