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Dodge Challenger GT 2018 : Quand GT signifie quatre saisons

Le Challenger est avec nous depuis maintenant 10 ans sans grande révolution en matière de style. Évidemment, Dodge a joué la carte de la multiplication des motorisations qui vont, aujourd’hui, de 305 à 840 chevaux répartis dans pas moins de 12 versions différentes. Du choix, il y en a plus que dans n’importe quel autre « Muscle Car » américain. Cette année, la démentielle Demon a retenu beaucoup d’attention, mais sur le plan plus « pratico-pratique », on propose aussi une Dodge Challenger GT 2018 qui signifie tout simplement qu’elle vient avec rouage intégral. On peut donc pour la toute première fois rouler avec son Challenger à longueur d’année, été comme hiver.

Dodge Challenger GT 2018

Dodge Challenger GT 2018

Figé dans le temps

J’ai toujours préféré le design du Challenger au Camaro et Mustang. J’adore ce look très agressif, un peu lourdaud et particulièrement rétro du Challenger. Comme on le sait, quand le groupe FCA s’attarde au style, on crée de grandes choses. Avec nous depuis 10 ans, la voiture n’a pas encore pris une seule ride. Il y a bien eu les quelques modifications esthétiques en 2015, qui l’on mit à jour, mais l’esprit demeure le même. Le long capot, la cabine qui semble légèrement incliné vers l’avant et le coffre court sont autant d’attributs propres au Challenger des années 1970. Plus distinctifs et à signature visuelle singulière, les blocs optiques cerclés de DEL et les feux en piste de course donnent beaucoup de caractère à l’allure générale. La seule chose que je n’aime pas, les décalques sur la carrosserie qui font très bon marché. Je sais que dans les années 1970 c’était la mode, mais là on est en 2018… on peut en revenir des collants!

Vivement 2015

En 2015, au-delà des améliorations esthétiques, le changement le plus important en ce qui me concerne est celui de la refonte de la présentation intérieure. On se souvient, à l’origine que le tableau de bord du Challenger était d’une laideur et d’une platitude consommée. À cela, on ajoute le fait que les matériaux utilisés étaient de piètre qualité tout comme l’assemblage. Maintenant corrigé, on reçoit un design superbe avec un tableau de bord orienté vers le conducteur et d’une finition sans reproche. On joue avec les textures pour dynamiser le tout, c’est franchement réussi. On obtient un moniteur multimédia et de navigation intégrant le système UConnect de 8,4 pouces qui se veut un exemple d’ergonomie dans l’industrie. L’instrumentation, même si les cadrans sont un peu petits, nous offre un autre écran qui permet l’affichage de toutes les données que l’on désire.

Le plus gros défaut, le manque d’espace de rangement. Considérant la taille du Challenger, on s’attend à retrouver des boitiers ou des cavités pouvant accueillir des effets personnels, ce n’est pas le cas. Bonne nouvelle pour ceux qui prendront place à l’arrière, les dégagements sont intéressants en fonction de la vocation du véhicule. Avec la collaboration des occupants à l’avant, on y trouvera même un certain niveau de confort. Le coffre maintenant… Je me demande encore à quoi les designers ont pensé de mettre un seuil aussi haut et peu pratique. On doit soulever les objets au-dessus de la taille pour les installer à bord. L’ouverture pose problème par son étroitesse. Par contre, une fois votre exercice physique terminé, vous obtenez un volume impressionnant de 459 litres.

Juste le V6

Non, il n’est pas possible d’avoir l’un des V8 avec le rouage intégral. Cela ne nous laisse que le V6 Pentastar de 3,6 litres d’une puissance de 305 chevaux et un couple de 268 lb-pi. Ce dernier est juxtaposé à une unique boite automatique à 8 rapports, l’un des meilleurs mariages dans toute la famille FCA. Le rendement est intéressant. Évidemment, on n’a pas le même aplomb ou agressivité qu’avec un V8, mais pour un usage quotidien c’est amplement suffisant. J’avoue que l’on cherche un peu les 305 ch, mais en optant pour les modes « Sport » ou « Super Track Pak », on en tire le maximum. Avec ces configurations, on désactive les filets de sécurité ce qui nous permet de vraiment jouer dans la neige. Le bolide devient un « Muscle Car » avec une pointe de folie inhabituelle étant en hiver.

Concernant le rouage intégral, Dodge a eu la bonne idée de lui laisser un peu de « lousse », il vient avec un léger délai d’intervention ce qui nous donne quelques millisecondes de plaisir avant que l’AWD ne se mette réellement de la partie. Évidemment, nul besoin d’insister sur le fait que l’on favorise toujours le train arrière pour la motricité. Ce n’est pas le système le plus poussé et le plus perfectionné, mais il sert de filet de sécurité lors que les conditions routières se détériorent.

Sur la route ou dans la neige

La lourdeur est bien réelle au volant. Son interminable capot, sa largeur et son poids nous rappellent constamment que l’on n’est pas assis dans une sous-compacte! J’ai toujours apprécié la conduite du Challenger, la direction n’est pas super précise, mais ici, j’en parle plus comme un charme qu’un défaut. J’adore qu’un « Muscle Car » ne soit pas incisif, que j’ai la sensation que le véhicule me laisse les pleins contrôles de ses imperfections.

Les suspensions, en contrepartie, sont un peu trop molles. J’aimerais plus de fermeté et surtout me sentir plus connecter à la route. Le dynamisme ne manque pas le rendez-vous malgré ce petit détail. Là où la déception est plus grande, le freinage. Les disques n’ont pas d’endurance, sans même que l’on pousse la machine. Clairement, le poids du véhicule y joue pour beaucoup, je conçois difficilement que les ingénieurs de FCA n’aient pas analysé et considéré ce problème. En juxtaposant toutes ces réalités et en restant pleinement conscient des limites, on parvient malgré tout à obtenir un agrément de conduite assez intéressant. Il faut vivre l’expérience au moins fois dans sa vie de faire du « drift » dans 10 centimètres de neige dans un « Muscle Car » et continuer sa route comme si rien ne s’était passé. Camaro et Mustang ne peuvent avoir ces prétentions.

Conclusion

Le Dodge Challenger GT 2018 m’a prouvé hors de tout doute qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir le maximum de puissance pour avoir du plaisir au volant. J’admets que j’aurais pris quelques chevaux de plus, mais certainement pas 840. Ce GT est possiblement l’une des meilleures idées de Dodge au cours des 10 années d’existence du Challenger. C’est bien beau les grosses mécaniques, mais ce que l’on offre maintenant, c’est le privilège de pouvoir rouler son « Muscle Car » à longueur d’année et ça, personne d’autre ne le fait.

Images: Dodge Challenger GT 2018

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