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Essai Routier: Ferrari Portofino 2019

La Dolce vita en mode accéléré

Les Pouilles, Italie – Le cabriolet, on aime ou on n’aime pas. Les mauvaises langues vous diront qu’on y prend des coups de soleil, que le bruit est exaspérant, qu’on y a chaud l’été, froid l’hiver et qu’on y inhale les gaz les plus nocifs des échappements modernes. Les fanatiques argumenteront qu’ils ne décapotent qu’une fois en rase campagne, pour bronzer justement, que le vent frais du soir caresse merveilleusement leur peau en été, qu’ils écoutent le doux chant des oiseaux, voire celui du moteur…  Ah le moteur, surtout si celui-ci se coiffe de couvre-culasses de couleur rouge sur lesquels sont embossés le nom Ferrari.

Ferrari Portofino

La vie est trop courte pour rouler triste. Ainsi, ceux qui estiment ne plus pouvoir jouir d’une voiture puissante sur les routes ne doivent pas désespérer. Le cabriolet apporte la réponse la plus désarmante qui soit à la conduite agressive et instaure d’autres rapports avec la route. Même la légende inoxydable de l’automobile sportive, Ferrari, aspire à fabriquer cet art de vivre comme en fait foi la Portofino. Cette dernière, qui prend le relais de la California au catalogue, revêt une importance capitale pour la marque au Cavallino Rampante. En effet, bien que 70 % de ses acheteurs n’aient jamais posé leurs fesses dans une Ferrari auparavant, tous ont une idée assez précise sur l’expérience qu’ils en retireront. Et cela, rend la tâche des concepteurs de ce cabriolet, plus difficile encore : trouver la parfaite adéquation entre sportivité et grand tourisme.

La Portofino, on l’aura compris, entend nous faire profiter d’une conduite plus détendue qu’une 488 et se révèle selon son constructeur une auto avec laquelle il est possible d’aller faire quelques emplettes sans se fatiguer. Comme la California qui l’a précédé, la Portofino range son toit rigide escamotable se range dans un écrin spécialement aménagé pour lui en 14 secondes. Il est aussi maintenant possible d’illuminer ou d’assombrir l’habitacle en roulant, pour peu que la vitesse n’excède pas 40 km/h.

Ferrari Portofino

Au centre du bloc d’instrumentation, la tradition est respectée. Sur la glace jaune du compte-tours analogique patine furieusement l’aiguille jusqu’au rupteur et sur le volant se pressent une multitude de commandes dont celles des clignotants et le gros bouton rouge du démarreur qui éveille la partition du huit cylindres 3,9 litres suralimenté. Des travers, il y en a. Par rapport à des Audi R8 Spyder, Mercedes AMG-GTC ou encore Porsche 911 Turbo cabriolet vendues sensiblement dans la même fourchette de prix, la Portofino ne maîtrise pas parfaitement les interfaces personne-machine (certaines commandes sont enfouies dans l’écran central comme les sièges chauffants) autrement que d’un point de vue mécanique. En revanche, les esthètes s’émerveilleront devant la qualité et la quantité de pièces en fibre de carbone, mais les nostalgiques ne manqueront pas de regretter (encore et toujours) l’absence de la petite grille chromée ou polie dans laquelle circulait autrefois le levier de vitesses. Aujourd’hui, on doit composer avec un bouton-poussoir (marche arrière) et des palettes – au demeurant magnifiques – au volant pour mouvoir, à l’aide d’une boîte automatique à double embrayage tout de même, cette sculpturale auto de sa position statique.

Sur la route, la Portofino éclipse totalement sa devancière, la California, et enchaîne les virages en souplesse sans que sa proue change mollement de cap. Plus légère, plus rigide et aussi plus fermement suspendue, la Portofino offre un comportement digne de la maison même si le châssis demeure sujet à réactions au passage de trous et des bosses. La direction est rapide et précise. Un système électronique d’assistance à la traction capable de réguler l’accélération et un contrôle automatique d’assiette facilitent la maîtrise de la belle italienne. Le moteur, dont le ronronnement est feutré, plein ou déchirant selon la position de la pédale de l’accélérateur.  Prêt à se déchaîner à la moindre sollicitation ce moteur délivre une accélération linéaire et franche (un peu plus de 4 secondes suffisent pour atteindre les 100 km/h), mais jamais brusque ni violente. Impression rassurante de disposer sous le pied droit d’une inépuisable réserve de puissance et, sous le pied gauche, d’un freinage vigoureux.

Plus GT que sportive, la Portofino se délecte de la voie rapide. Là, qu’il pleuve ou qu’il vente, obstinément campée sur ses immenses pneumatiques, elle dévorerait sans se lasser d’interminables rubans d’asphalte. Douée d’une imperturbable tenue de cap en ligne droite comme en courbe, la Portofino file vite et bien avec une dérisoire facilité.

Ferrari Portofino

Hélas, il faudra passer une partie de l’été sans elle. Les premières unités de la Portofino dont le prix équivaut à vingt-quatre Nissan Micra ou à huit Mazda MX-5,arriveront dans les concessions canadiennes au cours du mois d’août.

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