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Essai routier : Lexus LS 2018 : Figurante stylisée

Lexus persiste et signe pour une cinquième fois avec sa grande berline de prestige, la LS pour le millésime 2018. Cherchant encore et toujours à prendre par les cornes les trois ténors de la catégorie, les Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7 et Audi A8, elle se demande maintenant quelle approche adopter pour séduire les acheteurs les plus exigeants qui soient. Il faut dire que sa tâche est loin d’être facile. Non seulement, elle n’a jamais réussi à s’imposer, la 7 est toute nouvelle pour 2016, la S subit une importante mise à jour pour 2018 et l’A8 recommence tout du début pour l’année modèle 2019. Que reste-t-il comme place pour la LS? C’est simple, on joue la carte du style et du design pour attirer l’attention. Pour le reste, les Allemandes conservent leur hégémonie sur le segment.

Lexus LS500h 2018

Lexus LS500h 2018

Grand art japonais

Alors que les Teutonnes adoptent une approche très germanique, rectiligne, carrée, chez Lexus, on renie complètement le passé avec des traits audacieux. Tout débute par l’imposante calandre en sablier. À partir des extrémités, on dessine le reste de la carrosserie, qui, il faut l’admettre se montre spectaculaire. La structure complexe des blocs optiques attire notre attention pour plusieurs minutes devant l’esthétique et nombre d’éléments éclairants. Comme il se doit pour assurer une distinction entre les trois versions, LS500, LS500 F-Sport et LS500h, on joue de subtilités sur le bouclier avec quelques détails significatifs. Au profil, on suit la stratégie très élancée des Maserati Quattroporte et Jaguar XJ avec un capot bas, une ligne de toit abaissé et un coffre tronqué. On augmente l’impression de sportivité avec d’imposantes jantes jusqu’à 20 pouces. Là encore, une note d’excellence aux designers pour leurs dessins, elles sont magnifiques. Pour ce qui est de l’arrière, on s’inspire cette fois du côté du coupé LC avec des composantes chromées et un jeu de DEL singulier à Lexus.

Style Takumi

À l’image de l’extérieur, la présentation intérieure brille de tous ses feux par la réussite des lignes. On mélange ici de multiples traits tous plus audacieux les uns que les autres. La finition reste fidèle à Lexus avec un niveau à la hauteur des attentes. Toutefois, ce qui retient encore plus l’attention est naturellement les matériaux utilisés. On retrouve bien sur des cuirs à profusion, mais aussi de fins tissus pour l’habillage des portières avec un artisanat impressionnant quant aux coutures. En plus des habituelles boiseries ou des appliques d’aluminium, il sera possible de prendre un verre travaillé avec la méthode Kiriko, typiquement japonaise.

Le confort y est notoire pour tous les occupants, mais plus particulièrement ceux à l’arrière, surtout en choisissant l’option Executive. Cette dernière intègre une console amovible entre les deux passagers en plus de la possibilité d’un dossier inclinable, d’un repose-pied électrique et comme il se doit, une vaste sélection de massages tout en pouvant se faire chauffer ou climatiser le popotin. Lexus offre d’innombrables ajustements pour tous.

Sur le plan de l’ergonomie, bien que les commandes soient très généreuses, Lexus arrive une approche connue. Notons au passage l’apport d’un affichage tête-haute de 24 pouces, un record. Le système multimédia demeure difficile à contrôler par la tablette tactile de la console centrale. Heureusement, on découvre une instrumentation entièrement numérique avec laquelle on peut choisir la configuration. Là encore, l’inspiration du LC revient. Bien que l’on obtienne beaucoup d’équipement, il faut souligner que contrairement à la compétition, on arrive avec rien de réellement innovant ou de haute technologie. Les Allemandes jouent d’astuces pour réinventer l’automobile alors qu’avec la LS, on semble se contenter de conforter les acquis. Sur ce point en particulier, la Lexus LS 2018 déçoit.

V6 et V6 Hybrid

Lexus suit la mode du « downsizing » en réduisant le nombre de cylindres de la LS. On délaisse les V8 au profit de V6, un jouissant de la turbocompression et l’autre optant pour l’hybridation. Dans le premier cas, on adopte un V6 biturbo de 3,5 litres d’une puissance de 416 chevaux avec un couple de 442 lb-pi. Il s’agit du choix des versions LS500 et LS500 F-Sport. On doit souligner que cette dernière met le dynamisme à l’avant-plan notamment avec un resserrement de plusieurs composantes mécaniques lorsque le véhicule est en mode Sport et Sport+. Les non-hybrides arrivent avec la même automatique à dix rapports que le coupé LC.

Vient ensuite l’option « verte » avec la LS500h. Elle prend aussi le V6 de 3,5 litres sans la turbocompression. On incorpore deux moteurs électriques qui permettent d’attendre une puissance de 354 chevaux. Pour juxtaposer ces motorisations, on fait appel à une boite de type CVT.

Bien que tous les modèles de la LS soient offerts au Canada avec le rouage intégral, il importe de souligner que le châssis tend à favoriser la propulsion pour maintenir un niveau d’agrément supérieur.

Changement de cap

Historiquement, la LS n’a jamais été très excitante à conduire. Pour l’édition 2018, Lexus change complètement de cap. Cette fois, on prend plaisir à se trouver derrière le volant. Considérant que toutes les mesures sont à la hausse avec des voies plus larges, un empattement plus long, mais une hauteur hors basse et un capot abaissé, on obtient une recette pour le dynamisme.

Clairement, la gestion du V6 biturbo avec sa 10 vitesses est nettement plus intéressante. On jouit d’une bonne vélocité à tous les régimes et un certain aplomb. Pour ce qui est de l’hybride, la CVT a beau être un tour de force technologique, elle gomme le rendement de la mécanique. On favorise ici une approche comme la Prius qui ne vise que la réduction de la consommation de carburant. J’aurais préféré que les moteurs électriques servent plutôt à compenser les creux de puissance, ce n’est pas le cas, et ce, même en activant les modes Sport et Sport+.

Dans ces configurations, on resserre l’ensemble des composantes comme la direction, les suspensions et la transmission qui allonge les rapports pour des montées en régime. Mon choix va directement à la LS500 F-Sport qui bénéficie d’un traitement un peu plus sportif. Pour la première fois, la LS peut se frotter aux Allemandes quant à son comportement.

Conclusion

Je dois être honnête, la Lexus LS 2018 fait un bond de géant en tant que berline de prestige. Que ce soit quant aux choix de configurations, son style extérieur et intérieur ou encore son niveau de finition, elle impressionne. Par contre si vous êtes à la recherche de la dernière vitrine technologique de l’industrie automobile, les Audi, Mercedes-Benz et BMW ont plusieurs longueurs d’avance sur la LS.

Images: Lexus LS500h 2018

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