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Lincoln Navigator 2015, trop, mais pas assez

Est-ce que l’on peut en faire et pas assez en même temps? C’est la question que je me suis posée tout au long de mon essai du Lincoln Navigator 2015. Trop, parce que ce genre de véhicule est tellement ostentatoire que l’on se demande même la logique de leur existence. Pas assez parce que la compétition va beaucoup plus loin sur tous les plans que je me dis que le Navigator est aujourd’hui la dernière incarnation du vieux luxe à l’américaine des années 70.

Lincoln Navigator 2015

Lincoln Navigator 2015

Est-ce que l’on peut en faire et pas assez en même temps? C’est la question que je me suis posée tout au long de mon essai du Lincoln Navigator 2015. Trop, parce que ce genre de véhicule est tellement ostentatoire que l’on se demande même la logique de leur existence. Pas assez parce que la …

Evaluation Sommaire

Performance - 75%
Agrément de conduite - 60%
Confort - 70%
Sécurité - 70%
Espace intérieur - 90%
Prestige - 70%

73%

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73

Rattrapage

On ne se comptera pas d’histoire, le Navigator 2015 a beau avoir été rafraichi cette année, ses fondations datent de plus d’une décennie, 12 ans pour être plus exacte. Il s’agit donc de la troisième mouture sur cette même et unique plate-forme. On repassera pour le modernisme.

Il n’en demeure pas moins que les traits lancés pour 2015 s’harmonisent bien au reste de la gamme avec l’intégration de la calandre en « ailes de faucon » et les lignes de DEL aux blocs optiques similaires à ceux du MKC. L’apparence générale est moins grotesque que précédemment ce qui lui donne une belle touche de classicisme. On réduit aussi passablement les appliques de chrome qui noyaient la carrosserie pour une allure plus « sobre », cette réalité est surtout visible au profil. Comme c’est la tendance dans le segment, on propose des jantes d’une taille hors norme à 22 pouces. Attention aux coûts de remplacement qui se compteront facilement dans les quatre chiffres.

Alors que l’avant est plus élégant, les vieux fantômes sont de retour dans le dessin de l’arrière. On récupère un unique et massif feu transversal. On prend soin d’intégrer une collection de DEL pour l’éclairage, mais on tombe court concernant l’aspect raffiné. Le chrome n’aidant pas à ce sujet.

Retour aux années 70

Lincoln ne m’avait pas informé qu’avec le Navigator, que l’on se payait un voyage dans le temps. Pris avec la configuration actuelle, Lincoln avait en 2003 essayé de donner une touche nostalgique dans sa cabine pour un look très 1970. Les amoureux de l’époque disco seront ébahis, mais les acheteurs modernes seront saisis par le manque d’innovations.

On présente trois blocs massifs qui constituent l’essentiel de la planche de bord. Il est certain que l’on retrouve une couverture complète en cuir avec de belles surpiqures, des appliques de chrome et même des boiseries, mais c’est tout. Il y a encore des composantes en plastique très apparentes qui tranchent mal. La finition générale n’est pas exceptionnelle, mais correcte. Sur ce point, on est loin de ce qu’offre Cadillac avec l’Escalade.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de l’équipement. On parle quand même d’un véhicule qui coute plus de 84 000 $ et l’on est court en gadgets. C’est inacceptable. On découvre une nouvelle instrumentation et le fameux MyLincoln Touch, mais on les retrouve intégralement sous ces formes dans une simple Ford Fiesta. Gros problème. Ici, le luxe ne se compte pas en accessoire. Sous-équipé pour la catégorie, on ne reçoit pas d’assistance à la conduite comme des régulateurs de vitesse des systèmes anti-louvoiement ni même de détection transversale de recul. Pourtant, s’il y a bien un produit qui mériterait ce genre d’attributs, c’est le Navigator.

Concernant le confort, on reste en 1970. On propose de larges fauteuils sans soutien et l’on doit s’agripper sur tout ce que l’on peut en virage. À l’arrière, on intègre (en option) une console centrale hôte de porte-gobelets et d’un grand boitier vide pour le rangement. On peut incliner de quelques degrés le dossier pour plus de relaxation. La troisième ligne est relativement facile d’accès, mais démontre clairement que ces deux places sont conçues pour de courtes distances. Leur contrôle s’assure via une commande électrique dans le coffre. Ce dernier est évidemment généreux avec des aires de 512/1 540/2 925 litres. Un des avantages est le fait que la surface est complètement plane.

Bye-Bye V8

Les VUS pleine grandeur de luxe se commettent tous sans exception aux bons vieux gros V8. Ford assume le risque en 2015, de mettre un terme à cette tradition en proposant son Navigator uniquement avec un V6. Évidemment, considérant le poids titanesque du produit on prend le plus puisant de la famille et l’on monte la cavalerie. On retrouve la technologie EcoBoost du 3.5 litres dont la force passe à 380 chevaux et 460 lb-pi de couple. Le moteur est bien adapté aux besoins du véhicule, il n’y a pas de doute. On propose une boite automatique à six rapports qui brille par sa discrétion.

Au dévoilement, Lincoln nous parlait de la réduction de la consommation comme étant un fait inédit à la catégorie. Il se trouve toutefois que la réalité est bien différente. Au cours de mon essai, certes en plein hiver et dans les Laurentides, j’ai accompli une tangente de 14.5 litres. À cela, on doit ajouter que près de 70 % du kilométrage a été fait sur l’autoroute. Après questionnement, je suis retourné voir mes notes concernant l’Escalade 2015. Oups… pour un V8 de 6.2 litres de 420 chevaux, j’ai eu 12.6 litres /100km de moyenne…

«Partons la mer est belle»

Lincoln a beau avoir travaillé sur les suspensions, les lois de la physique prennent toujours le dessus. Sans dire que le comportement est aléatoire, si vous prévoyez être « dynamique » au volant allez d’abord à la pharmacie acheter des Gravols pour vos passagers. Les mouvements de caisse sont importants et la déportation au freinage tout autant. Concernant l’attitude générale du Navigator, ayez le pied marin.

Il n’en demeure pas que sur grandes routes à vitesse constante, c’est un produit qui est plaisant de par sa stature. On se sent invincible et au sommet de la hiérarchie automobile.

Conclusion

Est-ce que je recommande le Navigator 2015? Jamais dans 100 ans. Ce n’est pas un mauvais véhicule, mais il est tellement en décalage face aux Escalade, QX80 et Range Rover de ce monde que pour en justifier l’existence et le succès, il devrait être vendu 20 000 $ de moins. Heureusement, son calvaire achève, Ford a déjà annoncé qu’une nouvelle version sur les bases du F-150 2015 serait lancée d’ici deux ans. Aussi bien attendre.

Lincoln Navigator 2015: 84 260 $

Moteur : V6 3.5 litres turbo (EcoBoost)

Puissance : 380 chevaux à 5 250 tr/min

Couple : 460 lb-pi à 2 750 tr/min

Transmission : Automatique à six rapports (SelectShift)

Consommation (Ville) : 16.2 l/100km

Consommation (Route) : 11.8 l/100 km

Consommation (Observée) : 14.5 l/100 km

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